vendredi 21 mars 2008

Gagner du temps sur l'ouverture au textile chinois ?

D'après une dépêche AFP du 19 juin 2007, François Fillon se serait engagé à tenter de "faire aussi bien que les États-Unis" face au textile chinois, c'est à dire à repousser la date de la fin des quotas à 2009 plutôt que 2008.
Il n’y est pas parvenu, mais il demeure intéressant d’analyser cette prise de position. Qu’est-ce que ce report aurait signifié ? Que, d'une part, les Français auraient dû payer leurs vêtements plus cher un an de plus. Et, d'autre part, que notre secteur textile aurait perdu un an de plus pour s'adapter : en effet, en l'absence de concurrence, l'innovation aurait été moins favorisée.
Soulignons cependant qu'avec la Chine, nous avons affaire à un cas particulier. Le raisonnement libéral consiste à dire que si un travailleur chinois est prêt à travailler à un prix inférieur au travailleur français pour le même résultat, il est bien normal que le consommateur ait tendance à plutôt s'adresser à lui. Mais ce travailleur chinois a-t-il vraiment le choix ? Puisqu'il vit sous un régime peu ouvert aux libertés individuelles, on peut en douter. Cela ne change rien au raisonnement concernant la France, et ne justifie donc pas le discours de M. Fillon. Mais cela rappelle le risque de servitude qu'implique l’intervention de l’Etat dans l’économie.