vendredi 28 novembre 2008

Les contraintes étatiques : nécessaires pour développer une économie de l’environnement ?

Dans « De l’audace ! », Bertrand Delanoë souhaite rendre profitables les entreprises qui se développent sur le marché de l’écologie par des « contraintes » règlementaires et des « incitations fiscales », plutôt que de les laisser s’adapter à la demande réelle des consommateurs-citoyens.
Pour lui qui se dit libéral, on est bien loin du compte ! On rend en effet alors certaines entreprises rentables : celles qui sont dans les bons créneaux, déterminés par l’Etat. Elles ne se développent que parce que ces activités sont subventionnées ou rendues obligatoires par la loi. Cela ne veut pas dire qu’il y a création de richesse !
Ainsi, pour caricaturer, le fait de creuser un trou puis de le reboucher à l’identique ne crée aucune valeur : au final, rien n’a changé par rapport à la situation initiale (sauf si cette opération a servi de spectacle, ou d’exercice physique, par exemple ; mais nous ne nous plaçons pas dans de telles situations). Pourtant, cette activité pourrait très bien être subventionnée ou rendue obligatoire. Il pourra alors se former des entreprises basées sur cette activité, sans qu’il y ait pour autant création de richesse : ce n’est pas parce qu’il y a création d’entreprises qu’il y a développement économique !
Au contraire, s’il y a une demande réelle, solvable, alors il y aura bien développement d’un marché. Mais il n’y aura alors pas besoin d’intervention étatique.
Ainsi, l’intervention de l’Etat en ces domaines est soit inutile, soit nuisible.
C’est le principe de la responsabilité individuelle qui doit apporter la réponse aux problèmes environnementaux.

mercredi 12 novembre 2008

Comment le prix unique du livre freine l’innovation

Alors qu’aux Etats-Unis, 125 000 livres sont déjà disponibles en version électronique sur Amazon, selon un article de la revue Médias, c’est le cas de moins de 10 000 titres francophones. Et, toujours selon la même source, alors que les grands éditeurs américains publient systématiquement une version électronique de leurs ouvrages, celle-ci étant vendue quelques dollars, « seules quelques maisons d’édition de taille moyenne » font de même en France, et ces versions sont souvent vendues à peine moins cher que l’édition papier.
Pour quelle raison ?
En France, le prix de vente d’un livre est fixé par l’éditeur. Les distributeurs ne peuvent descendre que de 5% sous ce prix. La concurrence est donc faible entre les distributeurs, sur un marché déjà monopolistique par nature (un texte est la propriété exclusive de son auteur, au moment de sa création). Il y a donc peu d’incitation à innover pour attirer les lecteurs, que ce soit par le service ou par le prix : s’il souhaite lire le livre, le lecteur devra dans tous les cas débourser une somme fixée par l’éditeur, pour un service assez indifférencié entre les distributeurs.
Les éditeurs n’ont quant à eux pas intérêt à proposer des versions électroniques moins chères, puisqu’ils ne subissent aucune concurrence sur les prix venant des éditions papier. Par la règlementation sur le prix du livre, on maintient donc artificiellement des prix plus élevés, tout en diminuant l’attrait de l’innovation.