dimanche 27 septembre 2009

Retraites : pour une infinité de régimes spéciaux !

La question de retraites est une question récurrente dans le débat public. Certainement parce que personne n'a vraiment voulu la traiter jusqu'au bout.
 
C'est une question complexe, qui touche des sujets sensibles, voire tabous : espérance de vie, vieillesse, pénibilité du travail.
 
Mais la façon dont le débat est posé montre l'impasse où mènent les solutions collectivistes. Non, il n'est pas raisonnable, ni même juste, de demander à ce que chacun travaille le même nombre d'années.
                                                                                                                                                                  
Cela relève de l'évidence : tout le monde n'a pas la même espérance de vie, et celle-ci dépend notamment du métier exercé.
 
Par ailleurs, deux individus ayant la même espérance de vie peuvent avoir des souhaits différents pour leur retraite : arrêter de travailler plus tôt, quitte à recevoir une pension plus faible ; cotiser plus pour pouvoir recevoir une pension plus importante ou travailler moins longtemps... Je ne considère pas pertinent d'imposer un modèle, que ce soit au nom de la "valeur travail" ou de la "répartition du travail". Je revendique pour chacun le droit de juger ce qui lui convient.
 
Faut-il pour autant mettre en place un système et une administration complexes pour calculer et prendre en compte ces différences d'espérance de vie, et offrir le choix entre de nombreuses formules, souples, pour que chacun puisse faire son choix ?
 
Pourquoi pas, mais les assureurs disposent déjà des outils pour faire ces calculs. De plus, la concurrence entre eux permettra à chacun d’obtenir la solution qui est le plus à son avantage, selon ses propres critères.
 
Une bonne gestion du risque repose aussi sur une diversification des moyens employés pour s’assurer un revenu futur. Il n’est pas très sain de concentrer sur un seul système l’ensemble de son épargne retraite : pourquoi ne pas laisser chacun répartir cette épargne entre différents organismes proposant une retraite par répartition ou par capitalisation.  Cela permettra en outre à chaque personne de gérer la préparation de sa retraite en fonction de sa sensibilité au risque.
 
Nous aurons ainsi une infinité de régimes spéciaux : des solutions individuelles, adaptées à la personnalité et au profil de chacun.
 
Bien sûr, ce sujet est aussi particulièrement complexe parce qu’il faut gérer la transition, l’héritage des décisions du passé : des millions de personnes ont cotisé pendant des dizaines d’années, de façon obligatoire, pour financer les pensions des retraités de l’époque. L’État, via les organisations paritaires, n’a pas provisionné l’engagement qu’il prenait, en échange, de verser à l’avenir des retraites à ces cotisants. Il faudra pourtant bien les verser.
 
Pour financer cette dépense à laquelle l’État s’est engagé – au moins moralement – sans en assurer le financement, on peut envisager la mise en place d’un droit de sortie pour ceux qui souhaiteront quitter le système actuel. Ce droit de sortie permettra à la fois de financer les pensions des retraités actuels et de donner la possibilité à ceux qui le souhaitent de continuer à bénéficier de ce système.

mardi 1 septembre 2009

Première étape pour l’alternance en 2012 : la gauche fait l’actualité


L’été a été favorable à la gauche. Grâce aux interventions de Manuel Valls et d’Arnaud Montebourg pour secouer la machine, le PS a structuré son débat interne, et il a arrêté de subir l’actualité : il la fait. Il est sorti des réactions stériles, prévisibles et systématiques aux annonces du gouvernement, pour se lancer pleinement dans la préparation des élections de 2012.

Le débat est passionnant : positionnement, forme des primaires, axes de communication, alliances… Tout est ouvert, et cela promet deux années de débat très riche.

Cette fois, le débat est à gauche, et c’est une bonne nouvelle pour tous ceux qui veulent faire vaciller l’UMP conservatrice : le moment est venu de rebattre les cartes et de redessiner le paysage politique.

La gauche qui en sortira pourra-t-elle être libérale ? Le terrain est favorable, les idées avancent, la création du Parti de Gauche à l’extérieur du PS le libère, mais il reste de nombreux obstacles à franchir sur la route de la Liberté, comme Martine Aubry nous le confirme à chaque intervention.