samedi 28 avril 2012

Il faut changer les institutions, vite !

Vu le niveau et l’évolution des scores du Front National, si les institutions restent ce qu’elles sont, ce parti, quel que soit son futur nom, risque bien de prendre seul les rênes du pouvoir prochainement. C’est pourquoi il faut rapidement rendre nos institutions réellement démocratiques. Dans quelques années, il sera trop tard.
 
En effet, avec le scrutin majoritaire, qui est utilisé à quasiment toutes les élections en France sous des formes diverses (seules les élections européennes y échappent), il suffit de recueillir 25% à 30% des voix pour obtenir la majorité des sièges. C’est le cas à l’Assemblée Nationale, bien sûr, mais aussi et surtout aux élections locales : aux municipales par exemple, la liste arrivée en tête obtient une prime de 50% des sièges, ce qui lui assure une écrasante majorité, quel que soit son score.
 
Ce caractère bien faiblement démocratique, que je dénonce depuis des années, devient un danger avec la montée d’un parti aussi peu consensuel que le Front National : son score atteindra bientôt le seuil de 25% à 30% lui permettant, avec ce mode de scrutin, d’avoir une majorité absolue dans de nombreuses assemblées.
 
D’ailleurs, on peut se demander si ce malaise, cette tension qui se sont profondément installés entre différentes parties de la population française ne viendraient pas, au moins en partie, de leur très mauvaise représentation politique.
 
Qu’il s’agisse des habitants des quartiers populaires, en grande partie issus de l’immigration et dont une part significative ne se sent pas inclus dans le débat politique et s’abstient de voter, ou de populations qui se sentent menacées et mal entendues et qui se tournent vers un parti d’extrême droite, il est à noter qu’elles sont absentes ou presque de la représentation nationale.
  
Alors que l’une des vertus de la démocratie est de pacifier les sociétés en permettant que les tensions s’apaisent dans l’échange, la discussion et le partage des responsabilités publiques, nos institutions interdisent cette rencontre et renforcent ainsi les clivages, les frustrations et l’animosité.
 
Avec un scrutin intégralement proportionnel, nous n’en serions peut-être pas là.

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