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dimanche 19 avril 2009

La troisième dimension de la vie politique


J’évoque régulièrement le fait que le libéralisme en général, et Alternative Libérale en particulier, constituent la troisième voie de la vie politique. Je vous propose d’entrer plus en détail dans ce qui la constitue.
En résumé, cette troisième voie, ce troisième pôle s’articule de façon cohérente autour de l’idée de Liberté.

Liberté en politique : les libéraux défendent des institutions lisibles, représentatives, et garantissant le respect des droits des chacun, notamment par la séparation des pouvoirs : élection de l’Assemblée nationale à la proportionnelle, indépendance et renforcement des moyens de la Justice, séparation claire des pouvoirs entre le Parlement et le gouvernement.
Liberté en économie : les libéraux défendent une organisation de l’économie permettant aux individus de s’organiser librement pour produire – ce qui passe par une simplification de notre code du travail, et une plus grande liberté contractuelle – et pour échanger – simplification et réduction des impôts et taxes sur les revenus, la consommation, les bénéfices. L’activité économique ne peut se baser sur la subvention : les revenus des acteurs économiques doivent être liés leur capacité à répondre aux attentes de leurs clients plutôt qu’à celles des hommes politiques. Ces réformes impliquent de grands changements dans l’organisation de notre administration, afin de la rendre plus efficiente.
Liberté dans le domaine social : les libéraux considèrent que chacun doit être libre de ses choix de vie et n’a pas à se conformer à un modèle et des valeurs imposées d’en-haut. Pour permettre l’exercice de cette liberté, Alternative Libérale défend la mise en place d’un revenu universel, qui viendrait remplacer les différents minima sociaux : la complexité du système actuel d’aides induit de nombreux effets pervers et le rend illisible, favorisant les « connaisseurs » et ceux qui rentrent dans les cases prévues pas le gouvernement. De même, l’éducation est un enjeu fondamental ; il est indispensable de permettre la diversité des cursus, en fonction des capacités, des choix et des goûts ce chacun.
Liberté dans le domaine sociétal : les libéraux défendent le droit de chacun de vivre sa vie comme il le souhaite, dans la mesure où il ne nuit pas aux autres. Alternative Libérale souhaite ainsi notamment expérimenter la légalisation du cannabis, et mettre fin à l’inégalité de traitement entre les couples homo- et hétérosexuels. Cette règle, qui fixe comme limite à la liberté le respect des droits de chacun, implique aussi une responsabilité environnementale : chacun doit être redevable des dégradations qu’il cause à l’environnement, dans la mesure où elles ont un impact sur les autres.

Quoique cohérente, l’association de ces propositions remet en question les schémas de pensée traditionnels en France : affranchissement social et dirigisme économique à gauche, dirigisme moral et relative liberté économique à droite. L’existence de partis au positionnement similaire chez nos voisins (le FDP en Allemagne, les Progressive Democrats en Irlande…) et la montée rapide, en termes d’audience, d’Alternative Libérale, montre que ce positionnement correspond pourtant à l’attente d’une partie des citoyens.

mercredi 30 juillet 2008

La gauche, la droite, le libéralisme

Les socialistes sont-ils de gauche ?
 
L’objet principal de cet article est de définir la droite et la gauche, ces deux « camps » politiques, donnant une grille d’analyse de l’espace politique aussi insatisfaisante théoriquement que jugée indispensable par la plupart des électeurs. Cela permettra de comprendre comment positionner les libéraux sur l'échiquier politique.
 
Qu’est-ce que la gauche ?
 
Les préoccupations de la gauche sont traditionnellement centrées sur la justice sociale, l'égalité, la solidarité, l'humanisme, la liberté, la lutte contre l’oppression, le progrès, la défense des plus faibles, l’universalisme.
 
L’histoire de la gauche commence par une lutte pour l’obtention de droits économiques et politiques, lors de la Révolution Française. Cette lutte mène à la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789. La gauche est alors essentiellement libérale.
 
Au XXème siècle, la gauche, alors principalement constituée des socialistes et des communistes, incarne aussi le collectivisme, dans un souci de mener à une égalité réelle entre les citoyens, quitte à utiliser la contrainte de la loi. On peut souligner la contradiction entre cette tendance et le souci de lutte contre l’oppression, puisque le collectivisme revient à imposer à tous la volonté d’une majorité sur de nombreux sujets. D’où la question, un brin provocatrice : « Les socialistes sont-ils de gauche ? ».
 
La gauche, c’est aussi la volonté de changement, changements radicaux, ambitieux. La gauche a une attitude critique face au présent, et plus encore face au passé : elle est révolutionnaire ou réformiste, et en tout cas progressiste.
 
On voit aussi parfois la gauche comme défendant essentiellement l’égalité, en ignorant toute autre considération (notamment de liberté). Ainsi, pour vaincre les résistances, briser l’ordre établi, la gauche peut être amenée à limiter, au moins temporairement, les libertés. Dans le but de parvenir à l’égalité économique réelle, elle aura aussi tendance à se concentrer sur la répartition des richesses existantes, plutôt que sur la capacité à créer de nouvelles richesses. Dans ce cas, les socialistes paraissent plus clairement à gauche.
 
Qu’est-ce que la droite ?
 
La droite se pose traditionnellement en défenseuse de l’ordre, du travail, de la famille et de la responsabilité individuelle devant des normes établies. Stabilité, légalité, préoccupation de l’avenir comme perpétuation du passé et du présent sont les principales revendications de la droite. Elle montre un respect important de la hiérarchie, accorde une importance élevée à la sécurité, à la défense de la patrie. Elle valorise l’effort, l’émulation, la concurrence. Elle conçoit la justice comme distributrice de sanctions ou de récompenses, plus que comme une instance permettant de rétablir des droits bafoués.
 
La droite souligne l’inégalité des talents et des performances, qu’elle refuse d’égaliser par la loi. Elle souhaite protéger les plus faibles, mais sans que cela décourage ceux qu’elle voit comme les plus entreprenants, les plus talentueux ou les plus riches.
 
Une partie de la droite considère l’individu comme maître de son destin, autonome, responsable et elle défend la propriété. Cela la rapproche du libéralisme. Elle s’en éloigne lorsqu’elle cherche à favoriser un modèle d’organisation (issu de la tradition), en pénalisant les choix alternatifs, ou encore lorsqu’elle fait passer « l’intérêt supérieur de la nation » devant les droits individuels (notamment de propriété).
 
A l’extrême droite, on trouvera le traditionalisme, le nationalisme, l'autoritarisme, c’est-à-dire les partisans d'un pouvoir fort.
 
Les libéraux : compatibles avec la droite et la gauche
 
On le voit, les définitions de la droite et de la gauche, même si l’on se restreint aux valeurs, sont floues et elles changent dans le temps. Il est cependant possible d’en dégager des tendances, décrites ci-dessus.
 
Le libéralisme partage certaines valeurs de la droite (responsabilité individuelle, propriété) et certaines valeurs de la gauche (lutte contre l’oppression, justice) : il incarne la défense de la liberté et de la responsabilité individuelle face à autrui. Il ne semble donc pouvoir être placé clairement d’un côté ou de l’autre.
 
C’est, somme toute, assez logique : les libéraux souhaitent principalement laisser chacun libre de gouverner sa vie, avec comme limite le respect des droits des autres. Comme le souligne Alcodu sur son blog Gauche libérale : « il y a des libéraux de droite et des libéraux de gauche, mais le propre des libéraux c'est de ne pas vouloir gouverner la société au nom d'une morale de droite ou d'une morale de gauche ».
 
 
Bibliographie :
- André Comte Sponville, Dictionnaire philosophique, PUF, 2001, article Droite/gauche
- Mathieu Burelle, Qu'est­-ce que la gauche ? (article web aujourd’hui inaccessible)
 
Je recommande par ailleurs le texte Les libertariens sont-ils à droite ? du site Le Québéquois libre.

 
Retrouvez quelques commentaires sur mon ancien blog.

dimanche 3 juin 2007

Pourquoi les libéraux doivent-ils avoir leur propre parti ?

Après cette période de concentration des élections nationales, nous allons très probablement assister à l’apparition de différents "pôles", bien visibles, à l'intérieur des grands partis. Parmi ces pôles, notamment dans l'UMP et dans le Mouvement Démocrate, on trouvera probablement des pôles libéraux. Mais c'est un piège.
Souvenez-vous de 2002 : suite à l’élection présidentielle, les libéraux de Démocratie Libérale décident de fondre leur parti dans l’UMP. Dans une logique de rassemblement, d’unité, et d’efficacité électorale. Dans l’espoir de peser sur les mesures et les réformes, aussi. Les « Réformateurs », groupe à l’intérieur de l’UMP qui regroupe certains de ces libéraux, et quelques autres, se font entendre, interviennent au sujet de la réforme des retraites… A cette époque, je m’y reconnais, je me sens représenté. Je me dis aussi que l’on peut peser à l’intérieur du parti, et qu’il est plus simple pour les électeurs de n’avoir à choisir qu’entre deux options.
Cependant, en pratique, pas d’indépendance réelle. Un pouvoir d’influence, peut-être. Mais les Réformateurs ont-ils eu un vote différent du vote du groupe UMP sur une loi ? Je ne le crois pas. En conséquence, pour ceux qui ne suivent pas la politique de près, ils n’étaient pas très visibles.
Puis, les années sont passées. Et petit à petit, les Réformateurs se sont faits encore plus discrets. Leur site Internet s’est fait de moins en moins dynamique… Et dans la campagne, vous les avez entendus ? Ils n’ont pas parlé bien fort, en tout cas. Forcément, avec un candidat qui cherche à éviter d’être vu comme un libéral…
Au final, les idées libérales ont été absentes du débat.

Or, comment ai-je découvert le libéralisme ? Qu'est-ce qui m'a permis de me rendre compte que c'était le courant d'idées qui correspondait à mes valeurs ? C'est la candidature d'Alain Madelin à l'élection présidentielle de 2002. En l'absence de parti libéral, je serais probablement resté dans le flou bien plus longtemps. Les libéraux doivent donc, pour diffuser leurs idées, aller directement à la rencontre des citoyens, plutôt que de constituer un sous-groupe dans un parti ayant d'autres objectifs.
Et il y a un deuxième argument, au moins aussi important. Le besoin de confronter la théorie à la réalité, et aux opinions des citoyens. Le libéralisme, s’il veut être appliqué un jour, a besoin d’entrer en contact avec la population afin de se décliner pratiquement en fonction de l’état du pays et de l’opinion des citoyens. Pour savoir par où commencer et comment s’y prendre. Il ne s’agit pas de remettre en question les fondamentaux théoriques. Ils ne sont pas à « adapter », mais à décliner. La question est : comment fait-on pour aller vers l’application du libéralisme ? Et cela passe par : comment fait-on pour que les citoyens aient envie de libéralisme ? Cela n’est possible qu’en présentant directement les idées libérales.
Le libéralisme, lorsqu'il est défendu à l'intérieur d'un parti qui n'est pas libéral, ne peut aller authentiquement à la rencontre de la population. Or c'est la population qui a le plus intérêt au libéralisme, pas ceux qui sont installés dans les appareils des partis. Si ceux-ci ne sont pas libéraux, ils constituent un filtre, qui amoindrit la force de conviction libérale.
D’ailleurs, par nature, si un parti n’est pas libéral, les libéraux qui sont en son sein ne peuvent qu’être « utilisés » pour poursuivre un autre but. On sélectionne alors certaines idées libérales pour leur efficacité à servir ce but, sans considérer les principes fondateurs du libéralisme, qui méritent pourtant d’être connus pour comprendre le sens et la cohérence de ces idées, et pour éviter de répandre une image purement utilitariste du libéralisme.
A cela s’ajoute le fait que les libéraux s’engagent moins facilement en politique, parce qu’ils estiment que ce n’est pas là que doit s’exercer le pouvoir, et parce que quand il le font, c’est dans le but de diminuer leur pouvoir une fois élus, pour le rendre à chaque membre de la population. A ce sujet, j’ai d’ailleurs été interpellé par le début du livre « Témoignage » de Nicolas Sarkozy : il dit s’être engagé en politique en raison de son envie d’agir. Eh bien pour moi, l’action, c’est dans la société civile, dans le milieu associatif ou dans l’entreprise qu’elle doit se situer, c’est-à-dire là où elle peut être refusée par ceux qui en subissent les conséquences, et où l’on est entièrement responsable de ses actes. Ceux qui ont des convictions libérales sont donc sous-représentés parmi les militants politiques, et encore plus parmi les cadres des partis. En conséquence, si le poids du libéralisme dans un parti est déterminé en fonction du nombre de militants libéraux, ceux-ci partiront toujours avec un handicap. C’est pourquoi il est nécessaire d’avoir un parti exclusivement libéral, qui rencontre directement la population.

samedi 14 avril 2007

Les libéraux dans l'élection présidentielle de 2007 ?

Retour sur ce qu’aurait pu être une candidature d’Alternative Libérale aux élections présidentielles de 2007.
 
Je me suis engagé fin 2005 dans l'UMP, croyant voir en Nicolas Sarkozy l'espoir d'une ouverture vers une politique vraiment libérale. Au fil des semaines, j'ai réalisé le décalage, qui est venu se confirmer fin novembre 2006, à la lecture du projet législatif : préférence communautaire, droits opposables, timidité des réformes économiques proposées, absence de réelle réforme institutionnelle... Au-delà des discours qui parlent à ceux qui croient en la liberté, la réalité des propositions est bien différente.
Alors je me suis informé sur le monde libéral, et j'ai découvert Alternative Libérale. Après lecture attentive du programme, le choix de mon engagement a été clair.

J'ai traversé de longues semaines de doute, autour de la question suivante : vaut-il mieux défendre le libéralisme dans un parti qui a des chances d'obtenir un pouvoir très important, quitte à être amené à faire des compromis, ou défendre un libéralisme authentique en allant directement au contact des électeurs, et chercher ensuite des alliances avec d'autres partis ?
Après cette réflexion, je suis arrivé à la conclusion que l'UMP est un parti fondamentalement conservateur, et que l'on ne peut pas raisonnablement espérer qu'il devienne libéral. La France a besoin d'un parti conservateur, comme tous les autres pays. Dès lors, puisque le libéralisme s'éloigne très fortement de la doctrine dominante de l'UMP sur certains points (questions de société, relations internationales, organisation de l'Etat), un parti spécifiquement libéral est nécessaire.
Je sens aussi, dans mes discussions quotidiennes, une attente d'une autre voix, proposant une autre voie, mal définie dans l'esprit des Français, et qui fait cruellement défaut sur la scène politique française. Je crois que le libéralisme mérite d'y être présent directement, et de façon authentique, sans être corrigé et remodelé par les "conservateurs".
Voilà ce qui a justifié mon engagement au sein d'Alternative Libérale.

Concernant spécifiquement la question de l'élection présidentielle, comme je viens de le dire, on ne peut pas vraiment voir en Nicolas Sarkozy un candidat libéral (il s'en défend d'ailleurs lui-même).
A mon sens, l'élection présidentielle, élection d'un homme ou d'une femme à la tête de l'exécutif, devrait être totalement décorréléée de l'élection législative. Alors, Alternative Libérale aurait toute sa place pour défendre ses idées lors d'une campagne législative - idéalement, avec une élection à la proportionnelle, pour permettre justement l'expression de la diversité des idées. L'élection présidentielle serait alors bien plus celle d'un individu, pour ses qualités propres, et ses convictions, mais aussi sa capacité à rassembler, sans qu'il soit forcément issu d'un parti.
Cependant, les choses sont différentes : l'élection présidentielle va impliquer l'élection législative, et, au final, c'est le programme présidentiel qui sera appliqué.
Par ailleurs, le débat auquel la population française est la plus sensible est celui de la campagne présidentielle. Pour faire entendre les idées libérales (non représentées par les autres candidats), AL se devait donc d'être présent.

Mais les maires de France, entre autres élus, en ont décidé autrement.